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Le lapin est une espèce grégaire, c'est-à-dire que dans la nature, il ne vit jamais seul. Les lapins vivent en groupes, au sein desquels s'établit une hiérarchie, avec des lapins dominants qui assurent en priorité la reproduction.
Détenir un seul lapin chez soi pose donc question. On peut chercher à remplacer le manque de congénère par notre présence ou celle des autres animaux du foyer (chiens et chats). Cependant, cela ne sera jamais à la hauteur des interactions avec un autre lapin.

Pour faire le parallèle, l'humain est lui aussi une espèce grégaire. Bien que la présence de nos animaux nous ravisse, il semble très compliqué de passer sa vie avec pour seule compagnie un chien, un lapin et un hamster, aussi formidables soit-ils.
Le langage et les interactions avec nos semblables sont spécifiques à notre espèce, et ne peuvent être substitués de quelque manière que ce soit.

Concernant les lapins, les toilettages mutuels, les siestes en groupe, et toute la relation qui se construit, sont très importants chez l'espèce. Certains lapins souffrent de l'absence de congénère plus que d'autres. Pendant que certains semblent s'être fait une raison, du moins en surface, d'autres peuvent avoir des comportements inappropriés, tels que la destruction de l'environnement par exemple.

Les lapins sont faits pour vivre ensemble à vie. La cohabitation consiste à mettre un groupe de lapins ensemble et à ne jamais plus les séparer. Ni la nuit, ni en cas de divorce, ni si le deuxième lapin est à votre soeur et qu'elle déménage... Les lapins ne sont pas comme les chiens, à se satisfaire d'une recontre furtive avec un congénère. L'entente peut être longue à mettre en place, souvent plusieurs jours ou plusieurs semaines, parfois plusieurs mois. Il ne faut absolument pas faire cohabiter (ou se rencontrer) des lapins qui ne sont pas voués à finir leur vie ensemble : c'est le cas des gardes pendant les vacances qui doivent se faire dans une pièce où votre lapin ne va pas. Ne stressez pas votre lapin avec la présence d'un congénère qui ne va pas rester. Et ne lui faites pas de peine en lui retirant un congénère avec lequel il cohabite : certains lapins en viennent à faire une profonde dépression.


Avant d'envisager d'adopter un second lapin, il est nécessaire d'être au niveau sur les conditions de vie du premier. Il est malheureusement courant d'accumuler les erreurs, à cause des mauvais conseils souvent dispensés par les animaleries, ainsi que les croyances populaires.
L'alimentation et l'habitat sont des paramètres hautement importants pour la santé physique et mentale de votre lapin. Il est donc prioritaire d'avoir des conditions de vie optimales pour le premier lapin avant de songer à la cohabitation, et ce pour plusieurs raisons :
  • L'alimentation et l'habitat sont des sujets vitaux : une mauvaise alimentation peut entraîner la mort du lapin, que ce soit à court, moyen ou long terme. De même, un habitat inadapté peut causer des soucis de santé, ainsi que rendre le lapin très malheureux. La cohabitation, sauf dans de rares cas d'automutilation, n'est pas vitale pour le lapin. Elle apporte une vie meilleure avec plus de contacts sociaux, mais bien qu'étant un sujet important, c'est le dernier auquel il faut s'intéresser.
  • Si vous donnez des mauvaises conditions de vie à votre lapin et que vous ne souhaitez pas les modifier, donner des mauvaises conditions de vie à un deuxième lapin ne va pas aider à améliorer la situation. Vous allez juste risquer la santé (physique et/ou mentale) de deux lapins au lieu d'un.
  • Si vous faites des erreurs et que vous voulez les corriger, faites les changements d'abord avec votre premier lapin. Ce sera mieux pour le second qui arrivera dans un environnement adapté dès le départ. Et ce sera aussi plus simple pour vous de changer des choses avec un seul lapin qu'avec deux.
  • Si vous adoptez auprès de personnes sérieuses, elles ne voudront pas vous confier un lapin si vous avez déjà des difficultés avec votre premier animal. Vous risquez ainsi de voir vous passer sous le nez un éventuel coup de coeur ou d'adopter auprès de quelqu'un qui n'en a rien à faire de laisser son animal au premier venu. Bien sûr, ces deux cas sont regrettables.
Pour résumer, avant d'adopter un second lapin, votre premier lapin doit avoir du foin à volonté, des légumes variés (au moins 5 différents) et ce tous les jours, et éventuellement des granulés de qualité (ou pas de granulés). Il ne doit pas être en cage (même seulement la nuit) et bénéficier au minimum d'un enclos. Enfermer un lapin en cage "juste la nuit" revient à enfermer un chat en cage "juste la nuit". N'empirez pas la situation en enfermant deux lapins dans la même cage pendant plusieurs heures.

Donner des légumes tous les jours à son lapin, c'est de l'organisation et cela a un coût c'est certain. Avoir un grand enclos ou mettre en place la liberté totale, cela demande de la place, l'envie de sécuriser son logement et d'éduquer son animal. Si vous ne vous reconnaissez pas là dedans, il est fort probable que le lapin ne soit pas une espèce faite pour vous. Ne faites donc pas l'erreur de prendre un second lapin.

Si votre lapin vit dans de bonnes conditions, il doit également être vacciné et stérilisé. La vaccination est déjà primordiale avec un seul lapin, qu'il vive en intérieur ou en extérieur. Dans le cas d'une cohabitation, si un lapin attrape un virus mortel, il va entraîner dans sa mort les autres lapins avec lequels il cohabite. Plus vous avez de lapins, et plus vous risquez de tous les perdre en même temps s'ils ne sont pas vaccinés.

La stérilisation est un prérequis très important. Chez la femelle, elle est nécessaire même si la lapine vit seule. On pourrait donc penser que faire cohabiter une femelle stérilisée avec un mâle non castré soit une bonne idée, puisque les risques de reproduction sont nuls. Cependant la stérilisation des deux lapins est primordiale, puisque le lapin non stérilisé risque d'avoir les hormones en ébullition et d'embêter sa congénère. Cela risque de compromettre l'entente des deux lapins et de vous empêcher de les faire cohabiter. De plus, dans le cas d'un lapin qui était propre en litière, vous risquez de garder un lapin sale jusqu'à la castration. Il est donc très important d'opérer votre lapin avant l'arrivée du second. L'idéal est que le second lapin arrive chez vous déjà stérilisé (il y a pleins de lapins déjà opérés en association), sinon ce sera la première chose à faire avant toute rencontre.

Si vous n'avez pas l'argent pour le faire, ou que vous êtes contre la stérilisation, ne prenez pas de second lapin. Votre buget sera insuffisant, surtout en cas de problème de santé. Et si vous êtes contre cette pratique, c'est malheureusement la seule option qui vous permette de faire cohabiter des lapins, sans risque de reproduction, et sans violentes bagarres.

Avant d'adopter un compagnon pour votre petit chéri, vous devez penser à tous les cas, même au pire : que votre lapin ne s'entende pas avec lui. Malheureusement, cela arrive, et c'est encore la cause de nombreux abandons. Avant d'adopter, assurez-vous que vous pouvez faire vivre les 2 lapins séparément dans des habitats adaptés et cela à vie. Idéalement, chaque lapin en liberté totale dans une pièce rien que pour lui, est une bonne solution.

Même dans le cas d'une bonne entente, les lapins devront de toutes façons être séparés le temps des rencontres. Vous ne pouvez pas amener le nouveau venu sur le territoire de votre lapin dès le premier jour : vous risquez de violentes altercations. Il faut donc avoir une solution le temps de la cohabitation, et imaginer que cette solution puisse être temporaire, comme être à vie dans le pire des cas. Bien sûr, deux lapins en cage, avec des sorties de façon alternée, n'est pas une solution, ni pour eux ni pour vous. Il vaut mieux un lapin seul en liberté ou semi-liberté (enclos avec sorties), que 2 lapins dans des habitats trop petits faute de place.

En plus des deux environnements séparés pour chaque lapin, vous devez également avoir ce que l'on appelle un territoire neutre. C'est à dire un endroit qui n'est le territoire d'aucun des deux lapins. Idéalement ça peut être une 3ème pièce (voire la terrasse ou le jardin s'il fait beau, mais vous serez dépendant de la météo). Ce terrain neutre vous servira pour organiser les rencontres.
Evidemment, chaque animal a son caractère propre, et il est impossible de garantir à 100% une cohabitation sans l'avoir testée. Cependant, certains couples ont plus de chances de fonctionner que d'autres.

  • Mâle et femelle tous les deux stérilisés : c'est la cohabitation idéale car elle reprend ce qui se fait dans la nature. C'est en général un duo qui fonctionne bien.
  • Femelles toutes les deux stérilisées : c'est une cohabitation possible mais pas pour autant facile. Dans la nature, les femelles peuvent tuer les bébés des autres mamans afin d'y mettre leur progéniture à la place, si elles trouvent l'emplacement plus sécurisé des prédateurs. Charmant... La stérilisation aide à diminuer leur territorialité mais ne suffit pas toujours si elles ont un bon petit caractère à ne pas se laisser marcher sur le pompon.
  • Mâles tous les deux castrés : c'est réputé pour être la cohabitation la plus difficile. Ce n'est pas impossible, certains y arrivent, surtout avec des lapins ayant bon caractère. Le fait qu'ils soient frères, ne garantie pas l'entente une fois adulte. Comme dans beaucoup d'espèces, les petits s'entendent bien et jouent. Puis vient le moment de l'adolescence où ils se battent et essaient de s'entretuer pour être en haut de la hiérarchie.
Il est totalement déconseillé de faire cohabiter des lapins non stérilisés : dans le cas des mâles, beaucoup de personnes ayant essayé se sont retrouvées avec un mort à la fin, voire des blessures graves (castration maison d'un mâle envers l'autre, oreilles sectionnées et j'en passe...). Dans le cas des femelles, elles peuvent également être très violentes surtout si elles ne sont pas stérilisées. L'opération est de toute façon nécessaire pour leur santé, choisir de ne pas le faire c'est prendre des risques énormes sur tous les tableaux.
Comme expliqué dans la partie prérequis, même le duo mâle et femelle doit être stérilisé afin de garantir la bonne entente.

Concernant la race, cela n'a pas d'importance. Un mâle castré nain angora peut très bien cohabiter avec une femelle stérilisée géant des Flandres par exemple. Les chances d'entente sont d'ailleurs supérieures entre mâle/femelles stérilisés de races différentes comparées à celles de deux lapins stérilisés de même sexe et de même race.

L'âge n'a pas forcément d'importance non plus. Deux lapins adultes d'âges différents peuvent très bien s'entendre, alors que deux individus de même âge (voire d'une même portée) peuvent se détester.

Pour avoir le maximum de chances, il est préférable, en plus de la stérilisation, de miser également sur le caractère du lapin.
Si vous avez une femelle avec un fort tempérament, il est préférable de prendre un mâle plutôt facile à vivre. Deux fortes têtes peuvent avoir du mal à céder leur place lors de la mise en place de la hiérachie.

La cohabitation peut cependant être surprenante et vous révéler des aspects de votre lapin que vous ne connaissiez pas :
  • Un lapin très calme et gentil peut se montrer violent et agressif durant les premières rencontres.
  • Un lapin territorial et caractèriel peut finalement cohabiter beaucoup plus facilement que prévu.

Exemples concrets avec deux lapins que j'ai eu en famille d'accueil :
  • Kamo, lapin mâle castré, était chez moi très territorial. Bien qu'adorable avec mon conjoint et moi, il avait la facheuse habitude d'attaquer toutes les autres personnes qui osaient s'aventurer dans sa pièce. De même, si je revenais de chez des amis ayant des animaux, et que mes vêtements sentaient l'odeur d'un lapin inconnu, il pouvait à ce moment ne plus me reconnaitre et m'attaquer : un vrai lapin de garde ! Il a été adopté seul, puis sa famille lui a présenté une femelle stérilisée : ils forment désormais un joli couple, et malgré quelques disputes au début, la cohabitation a été assez rapide.
  • Pogba, lapin mâle castré aussi, était chez moi un petit ange. Pas territorial du tout, un amour avec tout le monde, une vraie grosse patate. Adopté pour cohabiter avec la lapine déjà présente dans la famille, il ne se montre finalement pas du tout coopératif !

La meilleure solution reste d'adopter un adulte déjà stérilisé en association. Vous n'avez que des avantages : pas besoin d'attendre la stérilisation pour commencer les rencontres avec votre lapin. Alors que si vous adoptez un bébé venant tout juste d'être sevré (8 semaines donc), vous devez patienter jusqu'à ses 6 mois afin de procéder à l'opération.
De plus le caractère d'un lapereau est difficile à cerner, l'adolescence bouscule pas mal les choses. C'est alors plus compliqué de viser le caractère compatible avec votre lapin. En adoptant un adulte vivant en famille d'accueil, vous pourrez connaître le tempérament du lapin et tenter de former un couple équilibré.
Lorsque vous adoptez un nouveau lapin, il peut être malade sans que vous le sachiez, en particulier si vous l'achetez dans un endroit peu sérieux, en animalerie ou chez un particulier peu scrupuleux par exemple (ce que je vous déconseille absolument !).

Même si votre lapin est vacciné contre la myxomatose et le VHD, il n'est pas protégé contre de nombreuses maladies : les bactéries telles que la pasteurellose, les parasites tels que la coccidiose ou l'E.cuniculi, les champignons tels que la teigne... sont autant de maladies contagieuses contre lequelles votre lapin n'est pas immunisé. L'un des buts de la quarantaine, c'est de mettre le nouveau lapin à l'écart et de vous laver les mains après chaque contact, afin d'éviter toute transmission.

Même si le lapin ne semble pas malade à son arrivée, et que vous procédez à un check-up véto rapidement (ce que je vous conseille !), il faut savoir que le lapin peut être dans sa période d'incubation : il a attrapé la maladie, mais n'a pas encore développé les symptômes.
La durée de la quarantaine peut être variable suivant l'état de santé du lapin et les risques :
  • pour un lapin venant d'un endroit peut recommandable avec de forts risques de maladies, il est conseillé de maintenir une quarantaine d'un mois.
  • pour un lapin venant d'un endroit très sérieux, une très bonne association par exemple, elle peut être un peu réduite (deux semaines environ).
  • pour un lapin qui montre des signes de problèmes de santé, la quarantaine peut être prolongée, jusqu'à ce que le vétérinaire NAC estime que le lapin n'est plus contagieux.

Cependant, la quarantaine n'a pas pour unique but la protection des maladies. Elle permet aussi au nouveau lapin de s'acclimater progressivement. Il vient de changer de maison : il a quitté son ancienne famille, parfois ses frères et soeurs, ou des humains qu'il appréciait. Il change de territoire et doit se familiariser avec son nouvel espace. Il doit également apprendre à vous connaitre et à vous faire confiance. Tout ceci fait beaucoup de nouveautés pour un petit lapin. D'ailleurs, l'Encéphalitozoonose est une maladie qui peut se déclarer avec le stress, lors des gros changements comme celui-ci.
Afin de donner un peu de répit à votre nouveau compagnon, il est ainsi conseillé de le laisser tranquille quelques jours avant de lui mettre un congénère sous le museau, qu'il va devoir affronter s'il veut avoir la meilleure place dans la hiérarchie.

Certains lapins s'entendent parfois très vite avec leur congénère, mais ayant eu peu de temps pour faire connaissance avec leurs humains de compagnie avant la cohabitation, le lien a dû mal à s'établir. La période de quarantaine vous permet ainsi de sociabiliser votre lapin.

Pendant toute cette période, ne délaissez pas votre premier lapin ! Il ne faut absolument pas qu'il associe l'arrivée du nouveau au fait d'avoir moins d'attention, et d'être mis à l'écart. Agissez avec lui comme d'habitude.

  1. Ce n'est pas obligatoire, mais avant toute rencontre (et une fois la quarantaine terminée), vous pouvez échanger les jouets des lapins, voire même les crottes. En observant chaque lapin face à l'odeur du congénère, cela peut vous donner une première idée de leur ressenti. Pour associer le congénère a du positif, vous pouvez donner une friandise ou faire un câlin en même temps.

  2. Lors de la première rencontre, prévoyez un terrain neutre c'est-à-dire un territoire qui n'est ni celui du lapin résidant, ni celui du nouveau venu. Ce qui se fait assez souvent, afin d'éviter les grosses bagarres, c'est de séparer cet endroit en deux à l'aide d'une grille. Chaque lapin est placé d'un côté, et si l'un attaque, l'autre peut s'écarter de la grille facilement.
    L'idéal est de meubler chaque côté de grille afin d'occuper les lapins. Disposez des jouets et de la nourriture : pourquoi ne pas servir le plateau de légumes lors des rencontres par exemple ? Les lapins associent alors ce moment à quelque chose d'agréable. Pour les plus timides, ils observeront le congénère discrètement en faisant une autre activité. Si vous les placez dans une pièce vide, ils ne sauront pas quoi faire à part se regarder : imaginez le malaise !

    terrain neutre

    • Si les lapins vont directement l'un vers l'autre et se montrent amicaux (toilettage à travers grilles, sieste l'un contre l'autre collés à la grille...), vous assistez probablement à un coup de foudre ! C'est une chance car ceci est très rare !
    • Si les lapins s'ignorent ou se montrent peu d'intérêt, il s'agit d'un cas classique et c'est assez positif. Ils sont intimidés, cherchent à cerner l'autre...
    • Si les lapins montrent de l'agressivité, mordent les barreaux, grognent... Ne pensez pas que la cohabitation est impossible : il faudra possiblement plus de temps que pour le coup de foudre, mais c'est un cas qui arrive et qui peut tout à fait déboucher sur une entente. La patience sera de mise !

  3. La suite de cette rencontre va dépendre du comportement des lapins. Vous pouvez continuer chaque jour à faire des rencontres à travers grilles. Il n'est pas nécessaire de les faire durer très longtemps : 15 min peuvent suffire. La régularité est le paramètre le plus important.

  4. Si vous ne constatez pas d'agressivité, vous pouvez continuer les rencontres en terrain neutre en enlevant la grille. Cette grille a des avantages et des inconvénients : elle permet de protéger les lapins les premiers temps, et de ne pas trop avoir à intervenir. Cependant, elle peut aussi être source de frustration. Ce qui peut être pris comme de l'agressivité envers le congénère peut être en réalité un besoin d'aller au contact, ce que la grille empêche de faire. De ce fait, selon les lapins et leur caractère, l'usage de la grille sur le territoire neutre peut se révéler néfaste sur le long terme, en provoquant des tensions. ( Vidéo frustration grilles )

  5. Ainsi, le but des rencontres va être de faire sympathiser les lapins en terrain neutre, pour ensuite les faire vivre sur le territoire de l'un ou de l'autre sans risque :
    • Faites les rencontres sans grille pendant les horaires d'ouverture de votre vétérinaire : en cas de blessures, ce sera plus compliqué d'y aller en urgence à 23h.
    • Munissez vous de gants si vous vous sentez plus à l'aise pour les séparer. Préparez également un brumisateur d'eau : les lapins ont tendance à s'arrêter pour se laver lorsqu'ils sont mouillés.
    • N'intervenez que si vos lapins risquent de se faire mal. Il est très probable qu'ils cherchent à se grimper dessus (même entre lapins stérilisés, et même s'ils sont du même sexe). C'est une façon de soumettre l'autre, en se mettant sur lui. Il peut également y avoir des courses poursuites ( Vidéo course poursuite ), de l'arrachage de poils et du marquage (urine et crottes) : tout ceci est normal et ne nécessite pas une intervention humaine. Vous devrez intervenir si les lapins cherchent à se mordre gravement, ou si l'un des deux est complètement paniqué et a besoin de répit.
      C'est là que se situe la complexité de la cohabitation : nous avons tendance à intervenir trop tôt, par peur que les choses dégénèrent, ce qui ralentit fortement la mise en place de la hiérarchie. Parallèlement, il vaut toujours mieux que ce soit trop tôt que trop tard.
    • Si l'un des lapins toilette l'autre (léchouilles), celui qui reçoit le toilettage a gagné, l'autre se soumet. En général, la situation devient égalitaire : ils se toilettent alors tour à tour. La cohabitation est sur une très bonne voie ! Sinon, le "toiletteur" peut se sentir vexé de ne pas avoir de léchouilles en retour : il peut alors ainsi continuer à marquer son territoire, grimper sur l'autre... pour avoir sa part de toilettage.
    • Si la situation semble bloquée, il est sans doute nécessaire de changer d'approche lors des rencontres. Vous pouvez par exemple changer le lieu : les rencontres en jardin arrivent souvent à débloquer des tentatives échouées en intérieur. Aménager l'environnement différemment, changer d'humain arbitre (les lapins sentent notre stress), échanger les lapins de territoire... sont aussi des paramètres à envisager. Une solution peut aussi consister à faire vivre les lapins proches l'un de l'autre 24h/24, via deux enclos mis l'un à côté de l'autre par exemple. Certaines de ses solutions fonctionnent pour certains lapins, et pas pour d'autres. C'est encore ici du cas par cas.
    • Il y a en tout cas de gros risques pour que vous ayez du marquage de territoire pendant toute cette période, avec des pipis et des crottes hors litière durant les rencontres, voire même en dehors, sur leur propre territoire.

  6. Vous pouvez tenter l'utilisation de produits apaisants si les relations semblent tendues.

Certaines cohabitations aboutissent au bout d'une année entière de rencontres, après pleins de tests différents et de beaucoup de patience. Il n'est donc pas du tout nécessaire de baisser les bras, voire d'abandonner votre lapin si au bout d'une semaine, le duo ne fonctionne pas. Les lapins sont des animaux territoriaux qui peuvent mettre du temps avant d'arrêter d'avoir peur que le nouveau venu vienne leur voler tout ce qu'ils ont. La relation entre les deux lapins vaut qu'on leur accorde du temps et de la patience afin de mener la cohabitation à son terme.

Une fois les lapins réunis et cohabitant 24h/24, vous pourrez regrouper leurs affaires. Un seul bac à litière suffit, ils iront par instinct faire leurs besoins là où le congénère est allé. Pour le coin sieste, veillez à ce que la cabane et les coins dodos soient assez spacieux pour deux. Il est aussi de bon goût de leur permettre d'avoir des espaces séparés s'ils souhaitent parfois s'isoler (d'où l'importance de la vie en enclos minimum, la cage en plus de ses autres inconvénients, n'offre pas d'intimité pour chaque lapin).

Pour les repas, surveillez que les lapins mangent bien tous les deux. Si les amoureux sont de même gabarit, vous pourrez difficilement vous repérer aux crottes pour vérifier le transit (Informations arrêt de transit). Il est donc important d'observer si les deux lapins sont bien vifs et viennent de bon coeur se servir lors des repas. Il peut également être nécessaire de jouer l'arbitre si l'un des lapins a tendance à s'approprier la ration de l'autre.

L'entente dure normalement toute la vie. Cependant, des évènements peuvent les perturber et engendrer un retour en arrière au niveau de la cohabitation. L'hospitalisation chez le vétérinaire est le cas le plus répandu : un lapin est malade et reste plusieurs jours en observation, pendant que son compagnon reste à la maison. Au retour du convalescent, l'autre lapin perturbé par l'odeur du véto sur son camarade ainsi que par la longue absence ne le reconnait pas et l'attaque. La plupart du temps, cela se règle rapidement. Il est parfois nécessaire de reprendre quelques rencontres en terrain neutre pour calmer les tensions, avant de revenir sur le territoire commun.